Nouveaux OGM : pourquoi nous nous opposons à leur dérégulation

Aujourd’hui, le Parlement européen est appelé à se prononcer sur un texte qui faciliterait la mise sur le marché des nouvelles techniques génomiques (NTG), parfois présentées comme les « nouveaux OGM ».

À cette occasion, avec Per Clausen et Mathilde Hignet, nous nous sommes mobilisés devant le Parlement européen pour dénoncer un projet qui affaiblirait les garanties apportées aux consommateurs, aux agriculteurs et à l’environnement.

Les NTG regroupent un ensemble de techniques récentes de modification génétique, comme l’édition du génome à l’aide d’outils tels que CRISPR-Cas9. Contrairement aux OGM transgéniques classiques, ces méthodes ne consistent pas nécessairement à introduire un gène provenant d’une autre espèce, mais permettent de modifier directement le patrimoine génétique d’une plante de manière ciblée. Si leurs promoteurs mettent en avant leur précision et leur potentiel pour développer des variétés plus résistantes aux maladies, à la sécheresse ou au changement climatique, ces techniques modifient néanmoins le génome des organismes et soulèvent encore de nombreuses interrogations scientifiques.

Le texte soutenu par une majorité de la droite et des libéraux européens prévoit d’exempter une grande partie de ces nouveaux OGM des règles actuellement applicables aux OGM traditionnels. Concrètement, nombre d’entre eux pourraient être commercialisés sans évaluation préalable approfondie des risques, sans procédure d’autorisation aussi exigeante et sans obligation d’étiquetage. Les consommateurs ne pourraient donc plus savoir si les produits qu’ils achètent proviennent ou non de ces nouvelles techniques de modification génétique.

Cette dérégulation pose plusieurs problèmes. D’abord, elle remet en cause le principe de précaution, pourtant inscrit dans les traités européens, alors que les effets à long terme de certaines modifications génétiques sur les écosystèmes ou sur la biodiversité restent débattus. Ensuite, l’absence d’étiquetage priverait les citoyens de leur droit à une information transparente et à un choix éclairé. Enfin, de nombreux agriculteurs craignent que la coexistence entre cultures conventionnelles, biologiques et issues des NTG devienne plus difficile, avec des risques de contamination et une dépendance accrue à l’égard des grandes entreprises semencières.

L’innovation en agriculture est indispensable pour répondre aux défis alimentaires et climatiques. Mais elle ne peut se faire au détriment de la transparence, de l’évaluation scientifique indépendante et de la liberté de choix des consommateurs. C’est pourquoi nous nous opposons à cette dérégulation des nouveaux OGM et défendons le maintien d’un cadre exigeant garantissant la sécurité sanitaire, la protection de l’environnement et une information claire pour tous.

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