J’ai eu le plaisir d’échanger avec les stagiaires du diplôme d’État supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (DESJEPS), ainsi qu’avec les futurs directeurs d’accueils collectifs de mineurs de Familles Rurales Pays de la Loire, autour d’une question essentielle : quel avenir voulons-nous pour nos territoires ruraux ?
Nos échanges ont permis de parler très concrètement des difficultés qui traversent ces territoires : accès aux services publics, mobilité, éducation, culture, jeunesse, transition écologique, mais aussi avenir de la vie associative. Derrière ces enjeux, c’est toujours la même question qui se pose : comment garantir à chacune et chacun les mêmes droits, quel que soit l’endroit où il vit ?
Les professionnels de l’animation, de l’éducation populaire et de la jeunesse occupent une place centrale dans cette dynamique. Par leur action quotidienne, ils créent du lien social, accompagnent les jeunes dans leur parcours, soutiennent les familles et contribuent à faire vivre les associations et les communes. Leur engagement est un levier indispensable pour maintenir des territoires vivants, solidaires et attractifs.

Sur la vie associative, le constat est malheureusement clair : les choix budgétaires du gouvernement fragilisent des associations déjà confrontées à des besoins croissants. Financements incertains, baisse des moyens des collectivités : ce sont les bénévoles et les professionnels qui, au quotidien, doivent faire face à ces difficultés. Les élus locaux le savent bien : quand une association ferme, ce n’est pas seulement une activité qui disparaît, c’est aussi du lien social, des services et des espaces d’émancipation.
Pourtant, les associations sont indispensables à la vitalité de nos territoires. Elles créent du lien, accompagnent les jeunes et les familles, font vivre la culture, le sport et la solidarité. Elles ne peuvent pas être une variable d’ajustement budgétaire ni se substituer indéfiniment aux services publics.
L’éducation populaire est particulièrement importante dans cette bataille.
Elle part de l’expérience de chacun, de l’intelligence collective et de la capacité à apprendre ensemble, tout au long de sa vie, confronter ses expériences, développer son autonomie, et s’engager dans la vie collective pour participer pleinement à la démocratie. Elle est un outil essentiel d’émancipation et doit être soutenue comme telle.
C’est une conception profondément démocratique de l’éducation. Elle permet de comprendre le monde pour pouvoir agir sur lui.
Merci aux stagiaires du DESJEPS et aux équipes de Familles Rurales Pays de la Loire pour la richesse de nos échanges. Ces rencontres sont précieuses parce qu’elles permettent de partir de l’expérience de celles et ceux qui font vivre nos territoires au quotidien.
Face au désengagement de l’État, nous devons faire un autre choix : donner des moyens aux services publics, soutenir durablement le monde associatif et permettre à chacune et chacun de vivre, de s’engager et de s’émanciper, quel que soit son lieu de vie.


